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Les Suprêmes ≡ Edward Kelsey Moore

Les Suprêmes ≡ Edward Kelsey Moore

Il y a des héroïnes qu’on a envie d’embrasser, d’encourager, de sauver : c’est ce que j’ai ressenti avec Odette, Clarice et Barbara Jean, alias les Suprêmes. Avec ces femmestrois quinquagénères noires qui vivent dans l’Indiana, on navigue entre les époques, depuis les années 1960 où les trois amies se sont rencontrées aux années 2000, et entre les mondes, ceux des Blanc·hes et des Noir·es, des prolos et des bourgeois·es, mais aussi ceux des vivant·es et des mort·es dont la frontière s’amenuise au fil de la lecture.

« Je n’ai pas peur. Tu te rappelles ? Je suis née dans un sycomore1. »

Dans ce roman tragi-comique savamment orchestré, chaque chapitre est raconté par une Suprême, composant progressivement une galaxie de personnages qui gravitent autour de la figure tutélaire de Big Earl, le gérant du restaurant Chez Earl où toustes se retrouvent chaque dimanche. Les proches des Suprêmes s’entrecroisent au fil des chapitres, chacun·e ayant noué un lien particulier avec l’une des trois amies, si bien que l’alternance des points de vue donne à voir leurs différentes facettes, leurs parts d’ombre et de lumière qui ont continuellement attisé ma curiosité.

Les Suprêmes ≡ Edward Kelsey Moore

Ce récit choral foisonnant de détails, d’histoires, d’émotions est un condensé de la vie, dans ce qu’elle a de plus cruel, d’ironique et de beau à la fois. On se moque des mensonges qu’on se raconte pour sauver les apparences, on passe sous silence les contradictions qui aident à (sur)vivre, on taquine les clichés de genre et la « verge baladeuse2 » de certains hommes. On évoque aussi avec pudeur la ségrégation raciale à travers l’image des arbres penchés, privés de lumière à cause du grand mur qui séparait les quartiers des Blanc·es et des Noir·es…

Les Suprêmes ≡ Edward Kelsey Moore

Mon avis

Avec Les Suprêmes, Edward Kelsey Moore, violoncelliste professionnel, nous offre un premier roman très maîtrisé et cinématographique, à la fois doux et sensible, drôle et triste, excentrique et réaliste, ce qui est un véritable tour de force ! Une lecture roborative que je vous recommande vivement !

1. Page 123. -2. Page 174.

Les Suprêmes

(The Supremes at Earl's All-You-Can-Eat, traduit de l'états-unien par Cloé Tralci, avec la collaboration d'Emmanuelle et de Philippe Aronson)

Edward Kelsey Moore

Actes Sud

Babel

2015

415 pages

9,70 euros

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V
complètement d'accord, j'avais beaucoup aimé malgré une surenchère de bons sentiments...
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L
Coucou ! Oui, je comprends, mais j'avoue que ça fait du bien de temps à autre ;)
T
J'ai lu ce livre il y a très longtemps et je me souviens l'avoir beaucoup aimé. Il est poignant et les héroïnes touchantes.
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L
Coucou ! Une belle découverte en boîte à livres :) Merci pour ta visite !
K
A la bibli c'est en gros caractères et pour l'instant ça me fatigue les yeux
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Z
Très joliment commenté
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L
Coucou !! Ooh, merci beaucoup, ça me touche <3
K
Oh je le savais, mais je viens de vérifier, l'auteur a aussi écrit Les suprêmes chantent le blues (actes sud 2017), je me demande si ce ne serait pas une suite???
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L
Coucou ! Oui, c'est la suite, mais comme j'ai beaucoup aimé, je suis pas sûre de vouloir connaître la suite, au risque d'être déçue ! Tu vas le lire ?