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Journal de bord de Gaza ≡ Rami Abou Jamous

Journal de bord de Gaza ≡ Rami Abou Jamous

Journal de bord de Gaza est un recueil d’articles du journaliste Rami Abou Jamous, écrits entre février et octobre 2024 pour le média indépendant Orient XXI et republiés par les éditions Libertalia. Et le moins que je puisse dire, c’est que cette lecture est tout aussi insoutenable qu’indispensable pour comprendre le génocide qu’Israël commet en Palestine.

« Les Israéliens organisent la pénurie parce qu’ils veulent que les prix montent et que cela entraîne le chaos1. »

Rami Abou Jamous, journaliste francophone qui fait partie des 1,7 millions de personnes déplacées, raconte comment la bande de Gaza est devenue une terre d’humiliation : l’humiliation de vivre sous une tente sur son propre territoire, l’humiliation de la famine, des denrées à des prix exorbitants et des pénuries organisées des produits d’hygiène et de vêtements, l’humiliation du largage en parachute de boîtes de conserve périmées et du trafic de mégots de cigarettes… Car, même dans les conditions les plus extrêmes, les lois du capitalisme continuent de s’imposer à tous et toutes, et il y a toujours des pilleur·ses et des profiteur·ses de crise.

Journal de bord de Gaza ≡ Rami Abou Jamous

« Nous les Palestiniens, nous savons que la meilleure arme contre l’occupation, c’est l’éducation2. »

Le journaliste raconte les bombardements qui ciblent prétendument les membres du Hamas : avec des snipers et des drones, l’armée israélienne détruit les hôpitaux, les écoles, les universités, les lieux de culte (quelle que soit la religion) et même les centres administratifs qui contiennent les archives. La destruction des services publics est stratégique : elle vise à anéantir la possibilité d’un Etat palestinien et mettre en place un système d’ONG facilement manipulables et sans véritable gouvernance. La destruction des écoles et des universitaires l’est d’autant plus pour anéantir la culture, l’éducation et l’histoire de tout un peuple.

« Nous voulons rentrer, c’est notre façon de résister, qui n’a rien à voir avec la résistance militaire3. »

En réalité, la traque des membres du Hamas n’est qu’un prétexte pour forcer la totalité de la population à fuir la bande de Gaza. Dénué·es de tout, réduit·es à une condition animale, les Palestinien·nes continuent à défendre leur dignité et leur droit à vivre sur leurs terres.

Journal de bord de Gaza ≡ Rami Abou Jamous

« Je ne peux pas protéger mes enfants de la mort4. »

Rami Abou Jamous continue d’espérer un avenir sans guerre, mais nous savons tous et toutes que, même après la guerre, les traumatismes psychologiques se transmettront de génération en génération, avec des répercussions tellement immenses que nous ne pouvons que les percevoir. 

Le génocide détruit la société palestinienne, les liens sociaux, familiaux et affectifs. Des milliers d’enfants sont devenu·es orphelin·es ; des milliers d’enfants n’iront jamais à l’école et commencent dès l’âge de 8 ou 9 ans à exercer tous les nouveaux métiers nés de l’économie de guerre. Les femmes s’affirment davantage, elles travaillent et gagnent en autonomie, tandis que les pères et les maris ne peuvent plus assurer leur rôle de protecteurs de leur famille.

Journal de bord de Gaza ≡ Rami Abou Jamous

Mon avis

« Quand le monde va-t-il bouger5 ? » Les mots de Rami Abou Jamous, aussi glaçants que précieux, ont été préfacés par Leïla Shahid, une militante palestinienne décédée début 2026, et couronnés par le prix Bayeux de la presse écrite. Et ce dernier point est important, car les journalistes palestinien·nes sont sans cesse discrédité·es en Occident, alors qu’iels sont largement ciblé·es et assassiné·es par l’armée israélienne pour les empêcher de documenter le génocide

Envers et contre tout, Rami Abou Jamous continue ses activités professionnelles autour de Palbas, une maison de la presse, dans le prolongement de GazaPress, un bureau qui fournissait de l’aide aux journalistes occidentalaux. Retrouvez tous les articles de Rami Abou Jamous sur le site d’Orient XXI, un média indépendant spécialiste du monde arabe. 

Lisez aussi

1. Page 31. -2 Page 82. -3. Page 79. -4. Page 39. -5. Page 250.

Journal de bord de Gaza

Rami Abou Jamous

Editions Libertalia

Orient XXI

2024

272 page

18 euros

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A
Ecrit en 2024, je me pose la question au vue des derniers événements : ce journaliste est-il encore en vie ?
Répondre
L
Coucou Alex !! Oui, on peut toujours lire ses billets, dans le lien à la fin de ma chronique, et le dernier date du 3 avril.