Danielle vient de quitter Oakland pour remonter les traces de son défunt ami Clay, qui vient de se suicider. Elle arrive à Freedom, la communauté anarchiste et queer où vivait Clay, bâtie sur une ville fantôme.
L’agneau égorgera le lion semble une projection de notre avenir : une société post-apocalyptique autoritaire, frappée par la pénurie de pétrole, d’électricité et de charbon. Freedom est l’un des rares lieux alternatifs où les membres s’organisent en autonomie, le plus loin possible du capitalisme, du racisme, de la misogynie et de la police.
Mais, au-delà du décès de son ami, Danielle se retrouve à affronter deux mondes, celui des esprits de la communauté Freedom, et celui de la police fasciste.
Dans ce court roman de SF, l’autrice états-unienne transgenre Margaret Killjoy explore les dynamiques de pouvoir et l’autogestion au sein d’une communauté anarchiste. Comment s’affranchir du pouvoir qui corrompt, de la propriété privée, du travail validiste, quand on a baigné toute sa vie dans une société oppressive ? Comment faire justice soi-même, quand on ne peut pas compter sur la police ?
Publié par les éditions indépendantes Argyll, dans la collection RéciFs, L’agneau égorgera le lion m’a plu et tenue en haleine, même si j’aurais peut-être préféré l’emploi du présent plutôt que du passé composé pour une plus grande immersion.
L’agneau égorgera le lion
Margaret Killjoy
Traduit de l’anglais par Mathieu Prioux
Editions Argyll
Collection RéciFs
2024
144 pages
11,90 euros