Edith Eger (1927-2026), psychologue états-unienne d’origine slovaque, raconte comment elle a survécu aux camps d’extermination lorsqu’elle avait 16 ans, et comment chacun·e d’entre nous peut survivre aux épreuves et aux traumatismes. Une lecture salvatrice pour surmonter la mort de mon chat après trois ans d’errance médicale et de longues maladies causées par un empoisonnement.
Lorsque la jeune Edith, alors âgée de 16 ans, est internée à Auschwitz avec ses parents et l’une de ses sœurs, elle est une gymnaste promise à un grand avenir. Elle aurait participé aux Jeux olympiques dans l’équipe hongroise si elle n’avait pas été écartée par antisémitisme. Elle raconte comment elle s’est maintenue en vie intérieurement, comment elle a puisé dans son monde intérieur l’espoir et la foi en l’existence pour survivre aux moments les plus horribles.
Après la libération, elle n’évoque plus les horreurs qu’elle a vécues : elle se marie, devient mère et s’installe aux États-Unis, mais sa vie en apparence heureuse et apaisée est trompeuse. La posture du silence et du déni visent à ensevelir le passé, mais celui-ci ne cesse de ressurgir par vagues post-traumatiques.
C’est en devenant psychologue qu’Edith Eger parvient à la guérison et donne un sens à sa vie : aider les autres à surmonter leurs propres difficultés. Cet ouvrage, entre autobiographie et développement personnel, est le prolongement de sa pratique en cabinet.
Pour elle, qui est inspirée par la psychologie positive de Martin Seligman, on peut vivre avec un passé douloureux, et même recréer de la joie et s’épanouir malgré les peines éprouvées. On peut avoir été victime, prendre le temps de digérer ses souffrances, sans pour autant rester indéfiniment dans une position victimaire, une nuance qui me parle beaucoup. Elle considère de fait que plus on se crée de possibilités de choix, moins on se sent victime. Elle défend ce qu’elle appelle la thérapie du choix : le choix de la compassion, de l’humour, de l’optimisme, de la curiosité et de l’expression de soi.
Au risque de dire une banalité, cet ouvrage est profondément inspirant. A travers les portraits de ses patient·es et sa propre expérience, Edith Eger nous guide vers l’acceptation de ce qui n’est plus, de ce qu’on n’est plus, et nous encourage à embrasser ce qui est encore et ce qu’on peut choisir de devenir.
Une lecture qui a agi comme un baume apaisant face au deuil de mon chat chéri, comme lorsque j’avais lu Seul dans Berlin après une agression.
1. Page 74. -2. Page 238.
Le choix d’Edith. Un hymne à la vie
Edtih Eva Eger
Avant-propos de Philip Zimbardo, PhD
(The Choice, traduit de l’anglais par Johan-Frédérik Hel Guedj)
Éditions JC Lattès (Hachette/Bolloré)
2018
440 pages
21,90 euros